Une suite/préquelle "ambitieuse" mais...
Ayant bien retourné GreedFall dans tous les sens, j’étais impatient de pouvoir me lancer dans ce nouvel opus et de retourner dans cet univers si particulier.
La direction artistique est très réussie, les paysages sont très plaisants à contempler. J’ai même utilisé le mode photo pour explorer un peu les modèles des personnages et des créatures. Verdict ? Ceux-ci sont de qualité et surtout détaillés. Il y a de jolis effets de lumière. Hélas, les visages sont peu expressifs et il y a des clones ! Si on s’y attarde, c’est flagrant ! Les zones sont étonnamment grandes et assez variées, mais toujours pas de paysage enneigé ?
La bande-son est très bonne. Le thème principal chanté fait son petit effet ! C’est toujours un plus ! La langue native est originale et semble crédible. J’aime beaucoup l’accent du protagoniste, ça change des voix monocordes ou sans personnalité.
Quant à l’histoire… Il y a beaucoup à dire là-dessus. J’ai trouvé l’écriture peu subtile et même moralisatrice par moments. Les méchants, en plus d’être très méchants, sont des caricatures ! On perd en crédibilité : nous sommes très gentils, tout comme nos compagnons ; les insulaires sont des victimes innocentes qui guérissent la terre, tandis que les autres sont d’horribles personnes. Alors oui, il y a des exceptions, mais le jeu vous martèle son message à coups de masse sur la tête. Un scénario beaucoup plus nuancé n’aurait été que bénéfique. Je pourrais en dire long là-dessus. Un autre exemple : tous nos compagnons nous adorent et n’ont absolument aucun souci avec nous. Ils seront très ouverts et ne vous jetteront jamais la pierre. Je rappelle seulement que, dans le premier jeu, Kurt pouvait nous trahir et qu’Aphra était plus contrastée.
Je résumerai tout cela par deux mots : trop manichéen !
Le système de combat a été totalement changé. Ce n’est plus du temps réel dynamique : nous sommes davantage dans du Dragon Age : Origins, avec de la tactique, des placements, des sorts, etc. On ne peut plus esquiver, il faut planifier ses actions. Personnellement, je n’ai eu aucun problème avec ça. Mais il est vrai que ça peut perturber, voire décevoir : ce n’est plus aussi "vif". J’ai terminé en mode tactique et c’était trop simple. Le tir ami activé peut paraître handicapant, mais honnêtement, ce n’est pas le cas. J’ai eu plus de mal sur certaines rencontres que contre les boss. Le boss final a été une plaisanterie : il était quasiment inoffensif ! Et encore ! Je ne me suis pas intéressé aux potions plus que ça !
J’aimerais aussi parler de la mécanique des déguisements : on ne peut s’en équiper que si notre talent de discrétion est assez élevé. Ça n’a pas réellement de sens. En plus, une quête secondaire nous demande de mettre un costume qui exige le niveau le plus élevé ! On est forcé de gâcher un point là-dedans si on veut terminer le jeu à 100 %. Bref, je ne m’y suis pas intéressé ! De plus, les endroits à accès restreint ne sont pas correctement indiqués et j’y suis entré plusieurs fois sans m’en rendre compte !
J’ai rencontré une bonne quantité de bugs en tout genre : PNJ coincés, compagnons qui ne suivent plus, crashs et même des dialogues sans voix !
GreedFall : The Dying World est une suite correcte, mais qui demande encore du travail pour être jouable dans des conditions optimales ! Un titre dans la lignée du studio Spiders, dont on reconnaît bien le style… Le développement s’est fait dans la douleur et les problèmes. Du contenu a été coupé et des alliés comme Till n’ont aucune quête, tandis que Fausta devait être romançable.
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